Le Lesotho correspond à l'ancien Basutoland qui est devenu indépendant en 1966 dans le cadre du Commonwealth.
Depuis des milliers d'années, les Bochimans habitent l'Afrique du Sud et, par conséquent, le Lesotho totalement enclavé dans ce pays. Ces chasseurs-cueilleurs ont vécu de façon plus ou moins isolée jusqu'au XVIIe siècle, alors que des groupes d'éleveurs sothos vinrent s'établir sur ce territoire montagneux afin d'échapper à l'expansion des Zoulous et à la progression des colons hollandais (Afrikaners).
Au XIXe siècle, l'un des chefs sothos (de la tribu kwena: «crocodile») les plus remarquables de l'Afrique méridionale, Moshoeshoe Ier (vers 1786-1870), réussit à unifier les 23 ethnies de Sothos du Sud lors du Mfecane, une série de conflits nés de la rencontre des expansionnismes boers et zoulous.
Le roi Moshoeshoe parvint à composer avec les missionnaires qui cherchaient à évangéliser le pays.
Ce sont les missionnaires qui, en 1833, ont créé la forme écrite et l'orthographe du sotho, en particulier, les français Thomas Arbousset, Eugénie Casalis et Constant Gosselin, de la Société missionnaire évangélique de Paris (Paris Evangelical Missionary Society).
Puis, plus tard, Moshoeshoe s'allia aux Britanniques pour lutter contre l'expansion des Boers près de ses terres (l'État libre d'Orange). Mais les défenseurs du pays se trouvaient trop peu nombreux et moins bien armés que les troupes adverses, le royaume se plaça alors sous la protection britannique en 1868.
Devenu un protectorat au sein de l'Empire britannique, le royaume prit le nom de Basutoland. Les Sothos refusèrent de rendre les armes et commencèrent en 1881 une guerre contre leurs «protecteurs».
Toutefois, un compromis fut trouvé la même année: les armes furent conservées, moyennant une taxe, et il fut assuré que les Blancs ne pourraient acquérir de terre dans le pays.
Précocement christianisée, les Sothos durent aux missions chrétiennes un degré d'instruction assez élevé.
* Du protectorat britannique à l'indépendance
En 1871, le Basutoland fut placé par les Britanniques sous le contrôle de la colonie du Cap, contre l'avis des Sothos qui se soulevèrent. La Grande Bretagne reprit rapidement le contrôle direct du territoire en 1884. À l'encontre des exigences des chefs sothos, la Loi de l'union sud-africaine (South African Act of Union) de 1910 prévoyait l'intégration de la région à l'Afrique du Sud. Néanmoins, le Basutoland réussit à conserver son autonomie et s'opposa à son annexion forcée.
La fondation du Parti du Congrès des Basothos (Basotho Congress Party: BCP) en 1952 marqua la naissance d'une vie politique moderne au Lesotho.
Le BCP remporta les premières élections de 1960, mais fut battu en 1965 par le Parti national basotho (Basotho National Party: BNP), fondé en 1958. Son dirigeant, le chef Joseph Leabua Jonathan, fut nommé premier ministre.
Le Basutoland devint indépendant sous le nom de royaume du Lesotho, le 4 octobre 1966.
* Le Lesotho indépendant
Le Lesotho devint officiellement une monarchie au moment de l'indépendance avec comme chef suprême des Sothos, le roi Moshoeshoe II (1938-1996).
Les dirigeants du Lesotho durent faire preuve de pragmatisme à l'égard de l'Afrique du Sud, dont ils recevaient le soutien, tout en rejetant l'apartheid.
Au moment des élections prévues pour janvier 1970, le premier ministre Joseph Jonathan annula le scrutin et déclara l'état d'urgence, puis dirigea le pays par décret jusqu'en 1973.
De plus, il suspendit la Constitution et le Parlement, interdit les partis d'opposition et fit arrêter leurs chefs. Il gouverna en dictateur jusqu'à ce qu'il soit renversé par un coup d'état en 1986 fomenté par le général de division Lenkhanya.
Les pouvoirs exécutif et législatif furent officiellement confiés au roi Moshoeshoe II, mais, dans les faits, ils furent exercés par un conseil militaire dirigé par le général Justin Lekhanya. Finalement, l'armée déposa le roi Moshoeshoe II qui dut s'exiler en mars 1990.
En novembre de la même année, son fils aîné lui succéda sous le nom de Letsie III. La libéralisation de l'Afrique du Sud permit un essor du processus de démocratisation qui aboutit à la tenue d'élections pluralistes en avril 1993, à la suite desquelles Ntsu Mokhehle devint premier ministre.
À la suite d'une grave crise politique, Letsie III suspendit la Constitution et le Parlement, puis démit de ses fonctions le gouvernement. Grâce à l'intervention du Botswana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, le roi Letsie III rétablit le gouvernement de Ntsu Mokhehle, la Constitution, ainsi que le Parlement, pour abdiquer en faveur de son père, le vieux Moshoeshoe II. Celui-ci rentra au Lesotho au début de 1995 et retrouva son trône le 25 janvier.
Après le décès de son père en janvier 1996, Letsie III revint au pouvoir et dirigea une monarchie parlementaire.
Très pointilleuse sur la nature de ses relations avec Pretoria, la population sotho craint toujours que son puissant voisin considère le Lesotho comme sa «onzième province», alors que le chômage touche 45 % de la population active et que la plupart des Lésothans travaillent chez le voisin sud-africain.