Introduction

Pourquoi partir ?

Deuxième pays le plus vaste d'Amérique latine après le Brésil, l'Argentine est un des pays qui procure la plus grande sensation de liberté. Avec un peu d'argent (600€ pour 1 mois) tout est presque accessible et vous pouvez vraiment vous éclater.

Les grandes villes sont assez "occidentales" pour s'amuser, et une fois dans la campagne, la montagne ou la nature +> FREEDOM, que ce soit a pied, en voiture ou à moto.

En plus on mange bien, et ça c'est important !!!

C'est un pays encore neuf, les habitants sont très chaleureux, cultivés, et adoooorent les Français, ça aide !

Quand partir ?

Définitivement hors de l’hiver argentin, vraiment froid. La pleine saison est en janvier et février, mais les prix des billets d’avion sont plus élevés. Octobre, novembre, décembre ainsi que mars et avril sont de bonnes périodes également.

Mais l'hiver dans le nord ouest sur la cordillière n'est pas très rude, il n'est pas rare d'être en t-shirt l'après-midi en altitude.
Par contre, bon duvet obligatoire pour la nuit...

D'un autre côté, aller en Argentine en hiver vous donnera l'occasion d'être autre chose qu'un touriste de plus parmi la multitude, et facilitera le contact avec les Argentins. Cependant, un certain nombre d'activités "spécial touriste" ne seront pas disponibles: à El Calafate, impossible de voir autre chose que le glacier Perito Moreno, et à Ushuaïa, impossible de loger dans une estancia. En revanche, toujours à Ushuaïa, il n'y a pas l'ombre d'un paquebot (ni de ses milliers de passagers) en hiver, alors que la ville est envahie aux alentours de Noël.

Infos pratiques

Visa ou pas ?

Pas de visa si vous passez moins de 90 jours en Argentine. Si vous restez plus longtemps, vous devrez repasser une frontière (une seule fois) pour obtenir un second visa de tourisme de 90 jours. Sinon il vous faudra obtenir un visa étudiant ou de travail.

Ambassades et consulats

* Ambassade de France en Argentine
Cerrito 1399
Buenos Aires 1010
Tél: [54] (11) 45 15 29 30
Internet : http://www.embafrancia-argentina.org
Courriel : ambafr@abaconet.com.ar

*Consulat Général de France en Argentine
Avenida Santa Fé 846
Buenos Aires 1059
Tél: [54] (11) 43 12 24 09
Internet : http://www.consulatfrance.int.ar
Courriel : info@consulfrance.int.ar

Décalage horaire

5 heures de retard par rapport à la France en été et 4 heures en hiver

Télécommunications

Téléphoner en Argentine demande un peu de dextérité : il faut connaître l’indicatif de la région, puis de la ville, où vous téléphonez, les numéros ne sont pas harmonisés comme en France. Une fois que cela est fait, vous pouvez téléphoner depuis un des nombreux call-centers qu’on trouve partout et qui sont très peu chers.

Acheter un portable n’est pas très cher, mais les communications faites ensuite avec des cartes prépayées ne sont pas données.
Attention, tous les call-centers ne pratiquent pas les appels internationaux, renseignez vous avant !

Dangers

Peu de dangers d’être dérobé dans les grandes villes, même si ça existe. Comme partout, mieux vaut éviter les heures sombres et l’isolement :
*A Buenos Aires, ne pas traîner le soir dans le quartier de la Boca. Quelques vols à la tire rue Florida et à San Telmo car ils sont très fréquentés par les touristes.
Attention dans les environs des gares la nuit où il ne fait jamais bon passer trop de temps (gare de Constitución - pas mal de prostitution - et de Retiro qui est proche d'une favela).
En ce qui concerne les "villas miserias", comme partout ailleurs, il faut y aller accompagné d’une personne de confiance.
*A Mendoza, la zone de la gare est également à éviter le soir.

Enfin, gare à la conduite argentine parfois très sportive...

A part ça, prendre garde aux accidents mécaniques dans les grandes étendues vides de ce pays, que ce soit la pampa, la patagonie ou les Andes, il faut toujours voyager avec des vêtements chauds, de l’essence, de la nourriture et de l’eau, et une torche. Une panne dans les Andes c’est 8 heures de marche pour trouver un village.
(Je vous conseil flocon d'avoine et lait en poudre, léger et énergétique.)

Méfiance en hiver si vous dormez chez une petite grand-mère qui chauffe ses chambres avec un vieux poêle: les cas d'intoxication au CO existent là-bas comme ici.

Il n'y a pas de risque alimentaire particulier ni de risque sanitaire lié à l'eau en Argentine.
Comme partout, gare aux produits laitiers glaciers qui sont la première cause de turista, quelque soit le pays.

L'autre danger est la police, attention de ne pas vous faire attraper avec des drogues, bon ce n'est pas la peine de mort mais un tour dans les gêoles argentines n'est pas exclu.
Faire d'autant plus attention avec les drogues dures type cocaïne, les vendeurs peuvent être de mêche avec les flics et là par contre ça ne rigole pas.

Transports

Y aller

Plusieurs compagnies aériennes se rendent de Paris à Buenos Aires dont la compagnie nationale Aerolineas Argentinas, qui a pour le moins une réputation mitigée en Argentine à cause de ses retards incessants.

Iberia vous y emmène confortablement, via une escale espagnole, pour des tarifs plus élevés, et c’est Alitalia qui pratique les tarifs les plus bas. Certaines compagnies brésiliennes (TAM) y vont avec une escale à Sao Paulo.
Il y a aussi Air Comet.

Attention, une taxe vous sera demandée au retour, sauvez quelques uns de vos pesos du duty free !

Sur place

Entre les différentes régions, le moyen de transport roi est sans conteste le bus, mais il faut avoir le temps (environ 16h de Buenos Aires à Iguazu, 22H de Buenos Aires à Salta).
Ils sont très confortables, on y passe quelques films de qualité inégale mais ça occupe, et franchement, même 16h de bus ça passe tout seul. Vous avez le choix entre semi-cama (fauteuil légèrement inclinable), cama (fauteuil davantage inclinable), et suite (service confort et lit).
Palme de la meilleure compagnie à Via Bariloche.
Les tarifs sont très abordables (de 100 pesos à 210 sur le trajet Bs As/Salta selon le type de siège).

Pour visiter une région, vous pouvez également louer une voiture.
Attention, le choix le plus économique n’est pas toujours le meilleur, dans les régions andines, un 4x4 peut s’avérer salvateur… Si vous vous rendez dans une ville au moment d’un événement particulier (ex. rallye à Cordoba, semaine sainte à Salta), réservez votre voiture en avance car les Argentins utilisent aussi beaucoup ce moyen.

Les lignes aériennes intérieures sont plus coûteuses mais restent intéressantes si on ne dispose pas de beaucoup de temps pour visiter de pays-continent. Attention, Aerolineas Argentinas est connue pour ses retards récurrents, prévoyez de la marge. Une compagnie intéressante pour les longs trajets en Patagonie est la Lade. Elle ne dispose pas d'agence internet et ses plans de vol et horaires changent aussi souvent que la direction du vent, mais elle permet d'économiser de précieux jours (et nuits) de voyage. La compagnie dispose de bureaux dans la plupart des villes de Patagonie, et vous sauvera peut-être la mise si vous voyagez en hiver. En effet, beaucoup de stations de ski argentines se trouvent en Patagonie, et les vols d'Aerolineas se remplissent très vite à l'approche des vacances... Si vous allez à Ushuaïa, attention: le principal problème est d'en repartir, surtout en hiver. Moins de vols en basse saison, mais station de ski oblige... Le risque est grand de rester bloqué pendant quelques jours. Le trajet par la route est quand à lui long et compliqué: il n'y a qu'une seule route en Terre de Feu, et elle passe par le Chili, et par le détroit de Magellan, franchi par un ferry, et est parfois interrompue par des glissements de terrain.

Dans les villes mêmes, utilisez le taxi, très abordable ou les bus, si vous comprenez comment ils marchent. A Buenos Aires, les lignes appartiennent à différentes compagnies privées et leur utilisation demande un peu d’habitude.

Itinéraires conseillés

Les grands classiques

*Buenos Aires, 2 jours minimum.

*Les chutes d'Iguazu, plus hautes que les chutes du Niagara (72 mètres) et qui se partagent entre 3 frontières. Les deux côtés (argentin et brésilien) se valent bien que différents. De belles balades dans la jungle à faire, avec singes etc.

*Salta et la Quebrada de Humahuaca, une vallée classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco

*La Patagonie et ses glaciers (Perito Moreno)

*Las Missiones : (San Ignacio Mini, Santa Ana et Loreto) : dans le nord est du pays, ce sont les vestiges d'anciennes communautés jésuites des 17 et 18ème siècles, où les jésuites instruisaient et souvent protégaient les Indiens Guarani. Les Jésuites finirent d'ailleurs par etre expulsés du pays.

Thématiques

*la route de l'Aéropostale, ouverte par Saint Exupery : Buenos Aires, Bahia Blanca, San Antonio Oeste, Trelew, Comodoro Rivadavia, Punto Deseado, San Julian, Rio Gallegos puis Punta Arenas.

Hors des sentiers battus

*Le carnaval de Gualeguaychú, à quelques heures en bus au nord de Buenos Aires, tout près des cousins uruguayens.
Très peu de touristes occidentaux, beaucoup de chars, déguisements exquis. En février.

*La très agréable ville de Rosario. De l'avis général c'est celle qui représente le mieux le mode de vie argentin. A seulement 3 heures de la capitale, sa vaut le coup d'y passer.

*Puerto Pyramides et la Péninsule Valdez : composée d’une succession de golfes, de baies et de falaises, c'est un cadre idéal pour observer selon la saison les baleines, éléphants de mer, otaries.

*El Bolson : ville andine niché au cœur d’une jolie vallée glacière. Fondé originellement par une communauté hippie, elle représente encore une part importante de la population locale. Ici tout semble familier. Un endroit reposant à deux heures de San Carlos de Bariloche.

*El Calafate: initialement établie en tant qu'avant-poste argentin pour affirmer la possession du flanc est des Andes (il existe des villes similaires au Chili, sur le flanc ouest), cette minuscule cité de 8000 habitants (à l'été 2006) vit un véritable boom économique et démographique, grâce au glacier Perito Moreno, destination classique, mais aussi grâce au développement du tourisme de haute montagne. C'est en effet le point de départ de la plupart des expéditions dans cette partie des Andes. La proximité du Perito Moreno, à l'origine d'un tourisme beaucoup moins sportif, a entraîné le développement d'infrastructures "à la Chamonix", avec hôtels superbes, chocolateries, et surtout un restaurant absolument dément par la qualité de ses plats, "La Tablita". Attention en basse saison, pas grand chose d'ouvert niveau hébergement (je pense aux auberges de jeunesse notamment).

*Iruya : un village au nord de Jujuy, non loin de la Bolivie, qui s'atteint après 3 heures de piste, après un col à 4000 : on y voit les lignes bleutées des Andes. Sur la route traversée par des rios, on croise des ânes entravés, des enfants habitant dans les fermes alentours et quelques chapelles en pisé. On atteint Iruya, un tout petit village coincé entre les à-pics de 3 falaises. Ruelles tortueuses et église au 1er plan. Iruya se mérite, peu de touristes.

*du ski : à Bariloche (cher et chic) ou à Las Lenas (à qq centaines de km de Mendoza), une petite station avec de très beaux paysages, ou à Cerro Bayo.

Santé

Vaccins obligatoires

Aucun vaccin obligatoire pour l’Argentine depuis la France, mais si vous passez par d’autres pays par la suite, certains exigent la fièvre jaune (avoir son certificat) au passage des frontières (ex. le Brésil depuis la Bolivie).
En outre des cas de contamination ont été recensés dans les zones frontalières; vers Iguazù ou la région des Missiones, donc mieux vaut le faire...

Il est de bon ton d'avoir ses vaccinations Hépatite A et Typhoïde à jour dans la partie tropicale, même si l'Argentine est tout sauf un pays du tiers-monde.

Précautions à prendre

L'altitude n'a pas le même effet sur tous. Prenez des médicaments contre les maux de tête qui apaiseront l'impression que votre cerveau "gonfle" dans votre boîte cranienne.
Certains vomissent, voire font des oedèmes.
La consigne en général c'est de ne pas dormir à la plus haute altitude atteinte dans la journée, mais en-dessous.
Les locaux machent des feuilles de coca réputée pour lutter contre le mal des montagnes, et pour ses vertus excitantes. IL n'est pas interdit d'en consommer, elles sont tolérées dans le nord, elles s'achètent dans les petites boutiques, très amer.

Langues

Généralités

L'espagnol (castellano) est la langue parlée en Argentine. Comme ailleurs en Amérique latine, la langue a divergé du castillan original, mais elle reste aisément compréhensible. Egalement comme ailleurs, il vaut mieux s'exprimer en français qu'en anglais quand on n'arrive pas à dire telle ou telle chose (juste histoire de ne pas être pris pour un Américain...).

Attention: le vocabulaire est assez peu similaire au castillan, mais il y a certains mots dont le sens est franchement différent. Ne dites jamais "coger" pour dire "prendre", par exemple, car ce mot a une connotation franchement sexuelle en Argentine. Préférez-lui "poner"...

Dans la région de Buenos Aires, on prend l'accent "rioplatense", yo (je) ne se dit plus "io" mais "tcho" ou "djo" selon les affinités. De même pour le "ll" (on dit "castejano" ou "castechano"). Ce son ressemble un peu à la façon allemande de prononcer les "ch" (comme dans "sprechen"). C'est d'ailleurs cette prononciation qui a valu à Ernesto Guevara son surnom: el Che. Plus on va vers l'ouest, plus les sonorités habituelles reviennent.

Un rappel : le "j" se dit "r" (le fameux "rotta")

Les phrases utiles

durazno : pêche
frutilla : fraise

Lunfardo (Argot Argentin) :
bolu ou boludo : abruti (affectueux)
pelotudo : idem !
Che : Salut! Hey!
Che Boludo!
Re-.... (ex : recontento) : Très (ex : très content) _ Re amable =très aimable
boliche : boite de nuit

Economie

Situation économique et sociale

Etrange situation que celle de l'Argentine : eldorado au 19ème siècle (on disait en Europe "riche comme un argentin"), grenier du monde dès le début du XXème, même PIB que le Japon dans les années 60, puis.... la descente.

Banqueroute de l'Etat en 2001 qui entraîne des émeutes où la classe moyenne crie dans les rue "que se vayan todos", (qu'ils s'en aillent tous), devenu un leitmotiv dans le pays. Le Président de La Rua s'échappe en hélico de la Casa Rosada pendant que les magasins sont mis à sac. Le pays décide de cesser ses remboursements au FMI, l'Argentine est exclue du système financier international, sa monnaie est dévaluée de 70%.
Ce pays qui avait alors une classe moyenne aisée, qui profitait de son pouvoir d'achat dans les pays voisins, voit son niveau de vie s'effondrer.

Durant cette période, les Argentins ont fait preuve de courage et d'inventivité, beaucoup de formes originales de gestion économique sont apparues : coopératives ouvrières, entreprises récupérées par leurs salariées etc.
Beaucoup d'Argentins ont tenté un retour dans leur pays d'origine (en particulier les Italiens, à la faveur de lois accueillantes).

Si la situation semble aujourd'hui stabilisée, le pays reste endetté, les politiciens n'ont pas toute la confiance de leurs électeurs, l'inflation est importante (environ 20% même si les chiffres ne font pas consensus) et surtout, une bonne partie du pays est très pauvre.
En 2008, près de 30% de la population vit avec mois de 130€ par mois; beaucoup vivent dans des conditions misérables dans les "villas", les bidonvilles.
Buenos Aires a vu se développer le mouvement des cartoneros, les pauvres qui envahissent la ville durant la nuit pour récupérer les objets recyclables des poubelles des riches.
Et pourtant le pays à un taux de croissance élevé, environ 7%, grâce à l'exportation de matières agricoles (soja, blé, mais, viande, lait).

Bref, l'Argentine est encore sur le fil, et dépendante de la conjoncture mondiale.

Son instabilité économique et politique chronique reste symbolisée par les Piqueteros, les organisateurs de manifestations de mécontentement qui défilent devant les institutions politiques de la ville.

Coût de la vie

Attention, de nombreuses banques ne délivrent que peu de cash (souvent un maximum de 100€, ça peut être beaucoup moins dans de petites villes) à cause du manque de confiance (compréhensible) des Argentins dans leurs banques, qui du coup ont peu de liquidités. Si vous partez dans les lieux un peu isolés, attention de ne pas se retrouver à court d’argent…
La Mastercard trouve moins souvent preneur que la Visa en Argentine.

Côté budget à prévoir: en 2006 et en 2007, à peu près tout sur place coûtait quatre fois moins cher qu'en France. Les valeurs numériques des produits sont en effet identiques à chez nous, mais le peso vaut un quart d'euro...
Un repas : 20 pesos
une chambre : 80 pesos
Le tout un peu moins cher en province qu'à Bs As.

Mais attention car la saison joue beaucoup sur les prix : ça augmente de décembre a mars et egalement en juillet. Le sud est plus cher que le nord globalement.

Change et banques

Les banques et l'Argentine, toute une histoire.
Sans doute en avez-vous entendu parler, mais il est probable que vous ne l'ayez pas pleinement réalisé : les argentins ont vu leur pouvoir d'achat divisé par 4 lors de la crise financière de 2001.
Remarquez que ce pays n'était pas en voie de développement, il était composé d'une classe moyenne à l'occidentale.
Si ce sujet est passionnant, ce n'est toutefois pas le sujet ici ; le propos est simplement de présenter à quel point la question du change et des banques a tenu une place cruciale en Argentine.

En 2008, comter globalement 1€ pour 5 pesos argentinos.
Ce pays est devenu une aubaine du point de vue du pouvoir d'achat pour les touristes ou visiteurs européens.

Depuis 2001, il est souvent compliqué de retirer de grosses sommes d'argent aux distributeurs automatiques.
Evitez de retirer la nuit en étant isolé.

Histoire et culture

Histoire

Un pays construit sur l'immigration, l'expulsion des Indiens de leurs terres et... la crise ! 5 coups d'Etat militaires au XXème siècle quand même...

* LES ORIGINES : Le territoire de l’Argentine actuelle ne fut pas, à l’époque précolombienne le siège de grandes civilisations comme celle des Incas, des Mayas ou des Aztèques, mais peuplé de tribus de chasseurs nomades en Patagonie, ou, dans la région de la Plata, d’une société d’Indiens qui se livraient à une agriculture primitive et à un commerce limité.
Ce furent ces derniers qui tendirent une embuscade à Juan Diaz de Solis, le navigateur espagnol qui aborda le premier ces rivages en 1516.
Attirés par les récits faisant mention de richesses fabuleuses – Rio de la Plata ne signifie-t-il pas Rivière de l’Argent – plusieurs expéditions, comme celles de Sébastien Cabot ou de Pedro de Mendoza s’achevèrent en désastre.

*LA NAISSANCE DE L'Argentine : A la fin du XVIe siècle de petites colonies d’Espagnols, souvent mariés à des femmes indigènes, commençaient à prospérer autour d’Asunción – aujourd’hui au Paraguay – et de Buenos Aires. L’Argentine coloniale ne fut que tardivement perçue comme une entité : son territoire dépendait de la vice-royauté du Pérou et ce ne fut qu’à partir de 1776 que naquit la notion d’Argentine autour des trois centres de Tucumán, de Córdoba et de Buenos Aires, en réponse à la menace politique que faisait peser sur les colonies espagnoles la croissance du Brésil portugais.
Buenos Aires devint alors la porte du continent sud-américain vers l’Espagne et l’Europe.

*L'INDEPENDANCE : L’invasion de l’Espagne par les troupes napoléoniennes en 1808 joua un rôle capital dans l’émancipation de l’Argentine qui refusait aussi bien les prétentions françaises que les interventions britanniques menées au nom de Ferdinand VII.
L’indépendance des Provinces unies du Rio de la Plata fut proclamée en 1816, mais le pays allait immédiatement sombrer dans les luttes fratricides entre les partisans d’une fédération de provinces et les partisans d’un régime centralisé.
Ce ne fut que dans les dernières décennies du XIX siècle que l’unité fut effective et que le nouveau gouvernement, dominé par les militaires se lança dans la conquête du sud du pays. Ces nouvelles terres attirèrent d’innombrables immigrants européens et le pays se modernisa rapidement, se dotant en particulier d’un vaste réseau de chemins de fer.

*PERIODE PERONISTE : En 1943 les militaires organisent un nouveau coup d'état et Juan Domingo Peron devient ministre de l'emploi. Il gagne les élections présidentielles en 1946 et mène une politique en faveur des ouvriers. Son épouse Eva Peron est très populaire et obtient le droit de vote pour les femmes en 1947.
En 1955, Peron est contraint de démissionner par les militaires. Il part en exil à Madrid mais revient en 1973 et se retrouve de nouveau élu président aux élections d'octobre 1973. Mais le pays est en proie à des attentats terroristes. Peron meurt le 1er janvier 1974 et c'est son épouse qui devient présidente. Mais elle est évincée par les militaires lors du coup d'état du 24 mars 1976.

*LA DICTATURE de 76 à 83 : Les militaires vont gouverner le pays jusqu'au 10 décembre 1983. La junte militaire, dirigée successivement par Videla, Viola et Galtieri, va prendre des mesures contre les opposants au régime. On assiste alors à des milliers d'arrestations, assassinats, tortures durant cette période sombre de l'histoire Argentine. Un conflit éclate entre l'Angleterre et l'Argentine à propos de la souveraineté des îles Malouines (Falkland). Des milliers de jeunes soldats argentins vont mourir dans ce conflit.

*RETOUR A LA DEMOCRATIE de 83 à 2008 : L'Argentine est aujourd'hui dirigée par Christina Kirchner qui a succédé à son mari Nestor en 2007.

Culture

*L'identité argentine est très forte, même si 97% des Argentins sont d'origine étrangère : espagnols bien sur, italiens beaucoup (+ de 80% à elles deux), mais aussi libanais, allemands, britanniques, français (dont le père du tango, Carlos Gardel) et bien d'autres, tous se retrouvant dans l'Argentinidad.
Cette identité commune repose sur plusieurs piliers : le foot, la gastronomie, la culture gauchesca.
Les gauchos sont les "cow-boys" de l'Argentine pour faire vite, qui ont conquis l'immensité de la pampa argentine
Chaque année, ils se rassemblent début novembre près de Buenos Aires, à San Antonio de Areco, pour faire montre de leurs parures de cuir et d'argent, et de leurs talents de cavaliers. LE livre symbole des gauchos c'est celui sur Martin Fierro, inspiré du roman "Don Segunda Sombra" de Guiraldes.
Hors festival, on rencontre les gauchos dans les estancias et au marché de Mataderos le dimanche à Buenos Aires.
La guerre des Malouines (Falkland) en 1982, perdue par les Argentins contre la Grande Bretagne est également un ciment national assez fort il me semble : ne pas dire à un argentin que ces îles sont anglaises... Il y a même un jour national de "Las Malvinas Argentinas".

*Les peuples indigènes : l'Argentine est la "nation blanche" de l'Amérique latine. Lors de la période de conquête du pays par les Blancs, appelée "conquête du désert", les troupes du gouvernement affrontent les Indiens et les repoussent des terres fertiles (en 1879), en les tuant ou en les asservissant.
Il faut d'ailleurs attendre 1994 pour que la Constitution reconnaisse officiellement "la préexistence ethnique et culturelle des peuples indigènes".
Officiellement, il y a 600 000 Indiens sur une population de 40 millions d'habitants, les ONG penchent plutôt pour un chiffre proche de 2 millions.
Les Indiens sont de plusieurs ethnies (22), dont les groupes principaux sont : les Guarani (province de Misiones), les Toba (Chaco), les Kolla (de Humahuaca) et les Mapuche de Patagonie.

Que rapporter ?

Pour les amateurs de vins, une bonne bouteille de Cafayate.

Pour ceux qui ont aimé le rituel du maté, une calebasse (bombilla) et les herbes (yerba maté) qui vont avec.

Depuis les marchés (San Telmo, Francia, Mataderos), des ceintures en cuir, couteaux en corne (attention à la rouille), bracelets, voire filets ou selle ou bottes magnifiques pour les passionnés d'art équestre. De jolies choppes Quilmes (la très bonne bière locale).

De la Dulce de Leche, des Alfajoles (Havanna, c'est les meilleurs...!!)

Des habits en laine de lama, depuis le nord du pays (ponchos - chers - pulls, chaussettes...).

Un maillot de foot ;-) De l'équipe nationale ou de Boca voire de Riverplate....

Environnement

Géographie et géologie

* La Cordillère des Andes qui domine l'ouest du pays : de Salta au sud : un must, des paysages incroyables
* La pampa : herbes sèches, quelques bosquets, terres planes, exploitation laitières et estancias (Trenque Lauquen et Santa Rosa); des chemins sableux pour galoper
* La côte : 4000 km qui donnent sur l'Atlantique mais... pas de plages de rêve (Pinamar, Villa Gesell, Mar del Plata)
* Les Glaciers de la Patagonie
* La Terre de Feu: un environnement fait de vallées glaciaires, de forêt boréale, de tourbières, mais avec un côté marin omniprésent.
* La jungle, luxuriante, avec des singes, des toucans etc (Iguazu)

Faune et flore

En Argentine il y en a pour tous les goûts :

Animaux tropicaux dans le Nord est : singes, toucans, tapirs etc

Chevaux criollos à tomber dans la pampa

Lamas et vigognes dans les montagnes andines, voire cougars

Et last but not least, la Patagonie (voir la réserve naturelle de la péninsule de Valdès) avec des éléphants de mer, des manchots, des baleines franches (de septembre à décembre) et des otaries.

Cuisine

Spécialités locales

*La viande, la viande, la viande Excellente : "El bife de Chorizo"mais si vous l’aimez à la française, la demander « vuelta vuelta » pour qu’elle soit rose et pas trop cuite (en effet, la tendance est à l'archi-cuisson de la viande). Elle est servie telle quelle, sans accompagnement, qu’il faut demander en plus, ni épices.
Le meilleur morceau est le "Medallon de Oro"
Les plus avertis d'entre vous gouterons les "Chinchulines", soit de l'intestin de boeuf. Ca laisse un souvenir impérissable...

*les lomitos : sandwichs au boeuf, hmmm.

*Les empanadas, beignets fourrés de fromage, de viande, de poulet, d’épinards, sont délicieuses pour commencer le repas.

*Les pizzas : les argentins, de part leur héritage italien, se targuent de faire de très bonnes pizzas, ce qui a mon avis est un peu (je dirais même pas mal) éloigné de la vérité, quant aux pâtes… trop cuites, tout le temps, demandez les al dente. En général la sauce est composé d'un demi litre d'eau pour 8g de tomate

*Spécialités andines : dans les Andes on mange des tamales, du lama, du quinoa, des humitas (purée de mais et fromage dans une feuille de mais).

*le Locro : sorte de cassoulet national dégusté le 24 mai; ça cale et c'est bien chaud, parfait dans les andes.

Côté desserts:
*Le Dulce de Leche: sorte de lait concentré sucré caramélisé, omniprésent dans tout le pays, et particulièrement addictif.
*Les glaces à l'italienne: les Argentins sont de gros gros mangeurs de glaces. Qu'il fasse chaud ou froid, qu'il pleuve, vente, neige... Qu'importe, vous trouverez toujours un glacier ouvert et disposant d'un grand choix de parfums.

Boissons

*Le vin argentin (malbec, syrah, cabernet) : Corsé, très varié, je vous conseille de visiter des domaines. Très bonnes bouteilles à 20 pesos en supermarché.

*Le maté : incontournable de Buenos Aires jusqu'en Uruguay. Cette herbe a ses adeptes mais… il faut aimer. Le goût est très amer, même si certains l’adoucissent avec du sucre. Le maté se boit dans une calebasse avec une paille en métal ou en argent, et celui qui l’a préparé le fait tourner entre les participants. C’est un véritable rituel social et participe à l’identité des portenos – les stations services tiennent des distributeurs d’eau chaude à disposition des automobilistes qui l’emportent dans une thermos pour leur voyage. A haute dose, cette herbe aurait des vertus excitantes.

*Les bières argentines sont à mon avis excellentes (ah la Quilmès), bon marché, et chaque région a sa spécialité (la Salta).

*Le Fernet, boisson nationale pour les apéros alcoolisés, souvent bu avec du coca.

Végétarien

Heu, franchement, ça va être dur. Même en tant que carnivore, au bout de 6 mois je rêvais de légumes. Hors des restaurants spécialisés et bons à Bs As, vous ne trouverez que quelques salades maigrichonnes et d’éternelles purées ou frites. Courage...

Travailler sur place

Emploi

Volontariat

*Volontaires sans frontières, une ONG internationale, propose de faire du soutien scolaire aux enfants des bidonvilles de Buenos Aires; il vaut donc mieux avoir de bonnes bases en espagnol.

Ressources externes

Livres

- Le grand (mais ardu) Borges
- Cortazar (las armas segredas, la casa tomada), un écrivain très lié à Paris.
- Las ingratas de G. Henestrosa, qui retrace la vie d’une fratrie alors que le pays est encore en construction (prix du journal Clarin en 2002).
- Bioy Casares
- Ernesto Sabato "Sobre heroes y sombras", "El túnel"
- Silvina Bullrich "Los Burgueses"
- Manuel Puig, Le baiser de la femme-araignée.
- Vol de Nuit, de Saint-Exupery qui écrivit le livre alors qu'il ouvrait en Argentine et en Patagonie les routes de l'Aéropostale.

Musiques

Bersuit Vergarabat (Mi caramelo)
Pop rock tranquille et mélodieuse.

Fito Paez (Bello abril)
Pop rock très populaire

Jorge Drexler (Alma del cielo)
D'origine uruguayenne. Cool.

Charly Garcia (yendo de la cama al living)
Rockeur dégenté, Garcia est une idole à Buenos Aires.

Piazzolla (Libertango)
Maître du Tango

Soda Stereo
Mercedes Sosa
Jairo

Films

Comédie : « Nueve Reinas » de Bielinsky, 2000, un petit chef-d’œuvre de drôlerie orchestré autour de Ricardo Darin, où chacun joue un jeu de dupe, et qui a fait un tabac en Argentine.

Noir : « BUENOS AIRES 1977 » D'Israel Adrián Caetano raconte l’histoire vraie des jeunes résistants à la dictature enfermés et torturés à la Casa Séré pendant plusieurs mois.

"Evita": Eva Peron est un personnage incontournable de l'Argentine, et si on peut penser ce qu'on veut de Madonna, ce film a au moins le mérite de raconter la vie d'Evita. Le style de la comédie musicale est par ailleurs assez adapté à la façon qu'on les Argentins de se remémorer le passé de leur pays.

Maradona par Kusturica (2008) : l'incroyable histoire del Pibe de Oro: héros sportif, Dieu vivant du football, artiste de génie, champion du peuple, idole déchue et modèle pour des générations du monde entier.

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