Difficile de faire bref sur le chapitre histoire d’un tel pays. Plusieurs périodes majeures sont à connaître : la Grèce antique évidemment, l’empire d’Alexandre le Grand, l’appartenance à l’Empire romain, le passage à la domination ottomane, l’indépendance puis la guerre civile, et la dictature des colonels.
Au-delà de l’histoire pure et simple, la Grèce est considérée comme le berceau de la culture européenne. C'est sur son territoire et dans ses cités que dans l'antiquité seraient nées la philosophie, la démocratie, le théâtre. On lui doit aussi l'invention des Jeux olympiques.
La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après le sac de Corinthe, jusqu'en 476 ap. J.-C (chute de Rome).
Mais dès le XIVe siècle, avant même donc la Prise de Constantinople en 1453, et jusqu’en 1830, la Grèce se trouve sous domination ottomane.
En 1821, les Grecs, Chrétiens orthodoxes, se révoltèrent face à la domination de l'Empire Ottoman. Cette révolte réussit, et l'indépendance de fait fut proclamée lors de l'Assemblée nationale d'Épidaure en 1822 (le jour de la fête nationale est le 25 mars qui commémore le 25 mars 1821) ; mais toutes les puissances européennes ne se mirent pas facilement d’accord et ce ne fut qu’en 1830 lors de la Conférence de Londres que put se concrétiser l'indépendance grecque suite à l’accord donné par la Prusse et l'Autriche. La France, la Russie et le Royaume-Uni qui soutenaient l’indépendance gardèrent par la suite une notable influence sur le jeune royaume.
Elles imposèrent entre autres une monarchie à un jeune pays qui se voulait République. Elles choisirent Othon 1er comme roi de Grèce, fils mineur du Roi de Bavière. C’est la période de la xénocratie où le pays est dirigé de l’extérieur.
Le coup d'État du 3 septembre 1843 : Cette insurrection, pacifique général Dimitrios Kallergis, commandant de la garnison d'Athènes, accompagné d'une foule compacte se rendit au palais royal déposer la demande de la constitution promise par Othon lorsqu'il était monté sur son trône. Le roi céda mais continua de fait à gouverner le pays comme il l’entendait en ne s’occupant guère de la majorité parlementaire.
Les puissances protectrices connurent des conflits d’intérêt et en 1862, un coup d'État eut lieu à Athènes alors que les souverains étaient en visite royale dans le Péloponnèse. Othon et son épouse Amalia, sur les conseils des ambassadeurs des Puissances Protectrices, durent fuir la Grèce à bord d'un navire de guerre britannique. Cependant cet événement n’aboutit à rien d’autre qu’à la nomination d’un nouveau souverain, George Ier, fils d’un prince danois, qui, bien qu’ayant accordé aux Grecs une nouvelle Constitution, régna a peu près dans les mêmes conditions que son prédécesseur.
S’en suivit quelques décennies troublées, plus ou moins liées à la Première Guerre mondiale qui commença plus tôt et finit plus tard pour la Grèce. En effet, les guerres balkaniques commencèrent dès 1912 et la Première Guerre mondiale se poursuivit jusqu'en 1923.
Si la guerre perdura pour la Grèce c’est qu’elle tenta de réaliser son rêve de Grande Idée (Megáli Idéa) qui se traduit par la volonté de réunir toutes les populations grecques dans l'État grec et par une reconquête de la capitale historique et de l'orthodoxie : Constantinople. En guerre avec la Turquie d’Atatürk, la Grèce essuya une défaite connue sous le nom de « grande catastrophe ».
Afin d'éviter toute reprise des hostilités et de limiter toute animosité future entre Grecs et Turcs, on décida lors de la signature du Traité de Lausanne de
procéder à un échange de populations afin de les homogénéiser. Les Grecs présents en Turquie devaient partir pour la Grèce et les Turcs présents en Grèce devaient partir pour la Turquie. Cela causa de nombreux drames. Les personnes déplacées, issues le plus souvent des classes populaires, durent quitter leur lieu de naissance et finalement leur patrie (terre de leurs ancêtres). Il fut aussi très difficile de déterminer qui était grec et qui était turc : on décida que la religion serait la définition de la nationalité. Un Orthodoxe, même s'il ne parlait que le turc, était considéré comme grec et déplacé vers la Grèce. Un Musulman était considéré comme turc. Au total, 1 200 000 "Grecs" quittèrent la Turquie et 500 000 "Turcs" quittèrent la Grèce. Cela causa un immense afflux de population en Grèce : Le Pirée connut par exemple une énorme explosion urbaine. Rien n'ayant été réellement prévu pour accueillir une telle quantité de réfugiés, les conditions de vie de ces derniers furent très longtemps précaires.
La guerre civile grecque commença en 1942 et s'acheva en 1949. Elle est le premier exemple d'une insurrection communiste après la deuxième guerre mondiale.
Pendant la guerre naquit un puissant maquis d’opposition aux Nazis qui prit le nom d'ELAS (Armée populaire de libération nationale) et était dominé par les communistes bien que composé de divers résistants.
A la fin de la guerre, les communistes constituèrent un gouvernement grec clandestin qui cessa de reconnaître le roi et le gouvernement grec du Caire. Pour empêcher ce basculement du pays dans le bloc communiste, Winston Churchill fit débarquer au Pirée la brigade britannique du général Scobie qui exigea le désarmement de l'ELAS et sa dissolution. Mais la résistance communiste, aguerrie par 3 ans de combat contre les Allemands dont elle avait récupéré l'armement, engagea le combat contre les Anglais et domina rapidement la quasi totalité de la Grèce, à l'exception de Salonique et d'Athènes: ce fut la Première Guerre civile grecque, jusqu’en 1946. Puis sous l’influence de Staline qui dans le cadre de la guerre froide demanda au parti communiste grec de mettre fin à la trêve, les combats reprirent.
Ce sera la rupture entre Tito et Staline laissant le leader communiste grec Markos sans ressources (C’était le leader yougoslave qui fournissait la guérilla en armes), qui poussera les partisans communistes à déposer les armes en octobre 1949.
En 1949, la Grèce est en piteux état : on estime qu'elle aurait perdu environ 8 % de ses habitants à cause de la Seconde guerre mondiale et de la guerre civile, ce à quoi il faut ajouter une flotte marchande en grande partie détruite, des infrastructures réduites à néant, tout comme les capacités agricoles et industrielles.
De l’après guerre à 1967 se succèdent des gouvernements dominés par le parti conservateur dont les dernières années sont caractérisées par une grande instabilité politique.
Le 21 avril 1967, des officiers emmenés par le colonel Yeóryos Papadópoulos prennent le pouvoir par la force et abolissent la constitution. Leur tâche fut facilitée par la désorganisation du monde politique, le discrédit des institutions et l'inertie du palais royal. La dictature des colonels est le nom donné au pouvoir politique en place en Grèce de 1967 à 1974, qui provoqua en outre l'exil du roi Constantin II monté sur le trône en 1964.
Beaucoup moins connue que celle d'Espagne, mais proportionnellement aussi tragique, la guerre civile grecque aurait fait 150 000 morts et des dizaines de
milliers de réfugiés dans les pays communistes (de 80 à 100 000 selon les estimations).
La crise chypriote fut fatale au régime des colonels, déjà affaibli par une forte protestation, des étudiants principalement (occupation de l'École Polytechnique) et Caramanlis, l'ex premier ministre en exil, est alors rappelé à Athènes le 24 juillet 1974 pour rétablir la démocratie parlementaire.
La transition démocratique s'effectuera en douceur et en 1981, la Grèce intègre les Communautés européennes.